Nous avons créé ce blog afin de partager avec ceux qui le souhaitent notre nouvelle vie au Québec !
Je viens donc de terminer ma première semaine de boulot et autant vous dire que j’ai été très surprise par l’ambiance au travail, qui diffère énormément de ce que j’ai pu connaître en France. C’est très décontracté, peut-être dû au fait que les Québécois tutoie spontanément (du fait de la traduction du « you » par « tu » et qu’en anglais il n’y a pas de « vous »). Je vous avoue que j’ai encore du mal à tutoyer tout le monde, notamment les personnes plus âgées et mes employeurs. Il a toujours un petit vous qui va se glisser au milieu d’une de mes phrases, ce qui déclenche la plus part du temps un petit rictus sur leur visage ! Bref cela étant, ça casse un peu les barrières entre salariés et employeurs et c’est beaucoup moins intimidant. Ainsi quand j’arrive le matin, je lance « Salut François, tu vas bien ?» alors qu’en France c’était « Bonjour, comment allez-vous ? »
Autre chose aussi qui casse les barrières, c’est que tout le monde mange à la même table et on se raconte des « niaiseries » que je ne comprends pas toujours d’ailleurs… Tout cela sans que personne n’oublie sa place dans la hiérarchie.
Pour le moment je fais plus du secrétariat qu’autre chose : je réponds au téléphone (en français comme en anglais) ce qui me permet de me familiariser au parler québécois et à la prononciation très américaine des noms de famille et des noms de rue. La langue officielle est le français mais tout le monde est bilingue et c’est à mon avis essentiel dans le monde du travail. Ainsi j’entends régulièrement mon patron passer du français à l’anglais au cours d’une même conversation téléphonique. Heureusement que mon anglais n’est pas si mauvais et qu’avec un peu d’exercice ça revient très vite ! J’apprends également les arrondissements Montréalais ainsi que les villes avoisinantes. Une cliente m’a prise pour une folle quand je lui ai dit que je ne connaissais pas Baie d’Urfé (que je lui ai demandé d’épeler car je ne comprenais rien avec son accent et que j’avais noté Béderfi). « -Mais enfin, c’est à côté de Beaconsfield »… « -euh… non je vois pas » « - Pierrefonds, Roxoboro… » « -euh… » « -Kirkland ? » « -non désolé je ne vois toujours pas mais ne vous inquiétez pas je vais regarder sur la carte ». J’ouvre également des dossiers, fais des recherches cadastrales, je certifie des documents (copie conformes à l’original), je prends les paiements (« vous avez une carte de débit ou une carte de crédit ? Sinon on prend aussi les chèques… »)
Mais à partir du mois de juin je devrais évoluer et m’occuper des levés d’intérieurs. D’ailleurs mardi je vais sur le terrain mesurer un condo (un appartement dans une copropriété), j’ai commencé à faire mes preuves !
La seule chose c’est qu’il faut remplir ta fiche horaire, tes patrons te font entièrement confiance, et tous les 2 semaines tu envoies ta fiche au comptable. Aussi au Québec en général tu es payé à la semaine ou toutes les 2 semaines et les impôts sont prélevés directement sur ton salaire (environ 30%) et le gouvernement peut t’en rendre un partie à la fin de l’année selon que tu sois marié, que tu ais des enfants ou encore que tu prennes les transports en communs.
Après en ce qui concerne le cadre légal du travail il faut savoir que rédiger un contrat de travail n’est pas obligatoire et que 50% des travailleurs n’en signent pas, un simple accord verbal suffit.
Voilà, je pense que j’ai fait à peu près le tour. Rod commence à bosser jeudi comme leveur de fonds pour des œuvres caritatives pour la protection de l’environnement. Il va donc falloir acheter une autre voiture, d’autant plus que celle qu’on vient d’acheter avait le pot tellement rouillé qu’il s’est mis à faire un boucan monstrueux et que Canadian Tire nous en demande pour 1100$ de réparation (presque le prix de la voiture). Donc avant d’acheter une voiture au Québec, pensez bien à vérifier la rouille aussi en dessous de la voiture.
A bientôt